Accueil

 

 

> UN 19 MARS PLUS PUISSANT QUE LE 29 JANVIER


 16/03/2009 - Agenda  

Lundi 16 mars 2009 à 7h45, sur Canal+, Jean-Claude Mailly sera l’invité de «La Matinale». 

Menu

90.200 chômeurs supplémentaires officiellement recensés au mois de janvier 2009.
Pour mesurer l’importance de cette augmentation (du jamais vu en un mois), il suffit de noter
que, sur toute l’année 2008, l’accroissement a été de 217.000.
Derrière les chiffres, ce sont surtout 92.000 personnes qui se sont inscrites à Pôle Emploi parce
 qu’elles cherchent un travail. Et ce nombre ne concerne que les candidats disponibles pour un
emploi à temps plein et ne comprend pas toutes celles et ceux qui sont, par exemple, en
sous-emploi avec du chômage partiel.

Depuis plus d’un an, nous expliquons que cette crise est une crise du système. Au début, certains
 nous regardaient avec des yeux ronds en disant que nous avions tort, que ce n’était qu’une crise
financière sévère mais temporaire.
Les faits confirment notre analyse.

Oui, il y a une dimension internationale à cette crise, tout simplement parce que tous les pays
sont touchés et que le système capitaliste est lui-même mondialisé. Sur ce plan, le G20 de début
avril, s’il veut avoir un effet, ne doit pas se contenter de quelques modifications de règles comptables:
il faut, par exemple, interdire les paradis fiscaux, reréglementer rapidement et lancer une relance mondiale.

Oui, il y a une dimension européenne à la crise. Celle-ci montre qu’une construction européenne basée
sur le libre-échange, la liberté de circulation des capitaux, la prétendue libre concurrence, le recul des
pouvoirs publics, la déréglementation et la libéralisation n’est pas un «plus» pour les pays membres,
 mais un «moins». C’est donc la nature de la construction européenne et ses priorités qu’il faut réorienter.
Oui, il y a aussi une dimension nationale.

Cette crise marque l’échec cuisant des tenants du capitalisme libéral. Il ne devrait pas y avoir de honte
à le reconnaître, y compris pour celles et ceux qui se trouvent percutés dans leurs convictions ou intérêts.
Le seul pragmatisme ne doit pas être un alibi ou une échappatoire pour éviter les débats et questions de fond.
Or, force est de constater que ce n’est toujours pas le cas dans notre pays.
Dans une telle situation, il faut à la fois donner un sens (c’est-à-dire une vision) et savoir activer toutes
les manettes.
À une crise de système, il faut répondre par une refonte du système.

Le seul plan de relance de 26 milliards d’euros sur l’investissement est notoirement insuffisant. Il faut
maintenant le compléter par un soutien à la consommation.
Cela passe, bien entendu, par une augmentation du pouvoir d’achat des salaires, retraites et minima sociaux
pour réduire les inégalités et contribuer à remplir les carnets de commandes.

Cela passe aussi par la mise en œuvre de moyens financiers pour prolonger l’indemnisation du chômage et
permettre la mise en place d’une allocation d’insertion pour les moins de 25 ans, qui n’ont rien. Cela passe
encore par la remise en place de l’allocation équivalent retraite.
Il faut encore qu’en contrepartie des aides accordées, l’État exige le maintien des emplois.
Il faut enfin geler les suppressions de postes dans la fonction publique.
Tout cela n’est pas conforme aux dogmes libéraux? Raison de plus, car ce sont ces dogmes qui sont à
l’origine de la crise.

Cela va coûter cher? Peut-être, mais envisage-t-on demain des centaines de milliers de personnes
supplémentaires sans indemnisation? Se référer à la justice c’est bien, la mettre en œuvre c’est mieux.
 C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à remettre en cause la loi TEPA et à taxer plus fortement les
entreprises du CAC 40 qui réalisent des profits.
Cela doit participer de la redistribution indispensable.
Sur toutes ces questions, il y a urgence. C’est une question de volontarisme et de choix.
C’est ce que nous réaffirmerons avec force le 19 mars, un 19 mars qui doit être plus puissant que
le 29 janvier.

– Augmentation générale des salaires, minima sociaux et retraites.
– Moratoire (gel) des licenciements.
– Abrogation de la loi TEPA.
– Arrêt de la RGPP et des suppressions de postes dans la fonction publique.

 

 

Vous êtes le 2053ème visiteur

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite.